Les mangroves : ces championnes de l’adaptation

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Des sols vaseux, instables, salés et inondés : qui oserait s’y enraciner ? Ni le chêne, ni le pin. Ni aucun de ces arbres “raisonnables” qui aiment avoir les pieds au sec. Et pourtant, au bord des rivages tropicaux, une armée de résistantes s’élève, racines déployées, prête à défier vents, marées et tempêtes : les mangroves. De véritables acrobates végétales, capables de respirer les pieds dans l’eau, de faire pousser leurs bébés sur leurs branches, et de protéger tout un littoral comme un rempart naturel. Ce sont des forêts atypiques, entre terre et mer, entre mythe et science. Des refuges pour oiseaux, poissons, crabes et… humains. Des alliées précieuses dans la lutte contre le changement climatique.

Des championnes de l’adaptation

Les mangroves abritent les palétuviers, seuls arbres capables de pousser dans des conditions aussi extrêmes. Leurs racines doivent composer avec un sol gorgé d’eau et quasiment privé d’oxygène. Leur solution pour se développer ? Des racines aériennes pour respirer.

Thimothy K sur Pexel, Mida Creek, Kenya

Et ce n’est pas tout. Les palétuviers protègent leurs graines en les laissant germer directement sur leurs branches. Ces “bébés mangroves”, appelés propagules, se laissent ensuite tomber dans l’eau et dérivent jusqu’à trouver un endroit où s’enraciner.

C’est l’école de la résilience… version végétale.

Un rempart naturel contre les catastrophes climatiques

Les mangroves ne sont pas que belles : elles sont puissantes.
Elles peuvent réduire jusqu’à 90 % de l’intensité des vagues1 et amortir l’impact des tempêtes et cyclones.

Vishwasa Navada sur Pexel, Basrur, Karnataka, India

À Mayotte, le cyclone Chido en décembre 2024 nous a rappelé cruellement à quel point ces écosystèmes sont essentiels pour protéger les populations côtières. Sans elles, les rivages sont nus face à la violence des éléments. Et quand on sait que 60% de la population vit le long des côtes2, leur superpouvoir prend une tout autre dimension.

Des puits de carbone bleus

Les mangroves font partie des écosystèmes de carbone bleu.
Elles stockent 3 à 5 fois plus de carbone par hectare que les forêts terrestres3, et ce pour des milliers d’années… à condition qu’on les laisse tranquilles.

Mangrove puit de carbone
Mohmed Nazeehnazyhu sur Pexel

En les détruisant, on relâche tout ce carbone accumulé dans les sols et la biomasse : un double coup dur pour le climat.

Mais elles disparaissent… vite

Chaque année, nous perdons environ 2 % des mangroves mondiales4, principalement à cause de l’urbanisation, de l’aquaculture intensive, de l’extraction de bois et du changement climatique.

Davide Clode sur Pexel, Cape Tribulation QLD, Australia

Restaurer une mangrove ne se résume pas à planter quelques arbres.
Il faut recréer les conditions naturelles qui permettent aux palétuviers de s’épanouir, impliquer les communautés locales et s’appuyer sur les savoirs traditionnels.

Les scientifiques estiment qu’il faudrait 4 milliards de dollars pour restaurer et préserver 15 millions d’hectares de mangroves d’ici 20305.

Et Flamingo dans tout ça ?

La chance a mis sur notre chemin un projet qui combine mangroves, mémoire vivante et lien communautaire : Racines en mouvement.


Sources




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