Petite(s) définition(s) des zones humides

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Les zones humides sont des écosystèmes absolument essentiels pour le climat et la biodiversité. Mais soyons honnêtes : qui en a déjà entendu parler ? À part quelques naturalistes et deux ou trois écolos… pas grand monde. C’est précisément pour cela que Flamingo s’est donné une mission : révéler la magie des zones humides pour mieux les protéger. Et pour commencer, revenons aux bases : définir simplement ce qu’est une zone humide.

Les zones humides sont des milieux de transition entre la terre et l’eau. Elles peuvent se situer :

  • sur la terre ferme : marécages, prairies humides, tourbières…
  • dans l’eau : mangroves, herbiers marins, lagunes…
  • à l’interface des deux, sur le littoral : deltas, estuaires, marais salants…

Certaines zones humides peuvent aussi être artificielles, comme les bassins de pisciculture ou les rizières.

Comme vous le voyez, les zones humides ne se limitent pas à quelques mares au fin fond de nos campagnes. 29,5 % du territoire hexagonal est propice à la présence de zones humides d’après l’Office Français de la Biodiversité1. A titre de comparaison, les forêts couvrent 31% de notre territoire2. Et au niveau mondial, les zones humides sont omniprésentes, de la toundra aux régions tropicales. De quoi mériter qu’on s’y intéresse d’un peu plus près, non ?

Pour identifier officiellement un milieu comme zone humide en France, l’un des deux critères suivants doit être rempli :

  1. La présence de plantes hygrophiles3 (qui aiment énormément l’eau, sans demi-mesure) ou mésophygrophiles (qui apprécient l’eau… disons un week-end sur deux !).
  2. La composition du sol : lorsqu’il est saturé en eau, il empêche l’air de circuler, ce qui modifie la décomposition des matières organiques et la présence de certains minéraux.
Schéma zones humides
Med Wet “Le nouveau guide du décideur politique pour une gestion durable et une restauration des écosystèmes d’ici 2030”

Autrement dit, certains milieux peuvent ne pas sembler humides en surface, tout en faisant partie des zones humides. C’est notamment le cas de certaines tourbières ou prairies humides.

En revanche, cette définition française exclut les plans d’eau, les lacs et les rivières, ce qui n’est pas le cas de la définition internationale.

La définition internationale, posée par la Convention de Ramsar

Un traité international dédié à la conservation et à l’utilisation rationnelle des zones humides, appelé Convention de Ramsar, a été adopté en 1971 et ratifié par la France en 1986. Son objectif : identifier des zones humides d’importance internationale et veiller à leur protection.

Une définition volontairement large, car la convention s’est donné pour mission de protéger ces écosystèmes essentiels.

Vous l’aurez compris : les zones humides sont des milieux de transition. Et c’est précisément cette position entre terre et eau qui les rend particulièrement riches en nutriments.

Résultat : elles constituent des habitats de reproduction essentiels et abritent près de 40 % des espèces animales et végétales de la planète4. On pourrait presque dire que ce sont… le love hotel de la nature.

La salicorne, plante endémique des zones humides.

Notre petite plante humide préférée ? La salicorne ! Aussi appelée “Haricot de mer” ou “Asperge de mer”. Pour la petite anecdote : les enfants camarguais en raffolent et les mangent en guise de goûter !

Mais leurs bienfaits ne s’arrêtent pas à la biodiversité. Les zones humides nous rendent aussi de précieux services écosystémiques, parmi lesquels :

  • le captage du CO₂ et la lutte contre le réchauffement climatique
  • la création d’îlots de fraîcheur en ville
  • la protection contre les tempêtes
  • la régulation du cycle de l’eau et la prévention des crues
  • l’épuration naturelle de l’eau, qui réduit le coût de potabilisation
  • la fourniture de ressources en eau et en nourriture.

Agriculture, urbanisation, aménagement des cours d’eau, production forestière, introduction d’espèces exotiques envahissantes… Autant d’activités humaines qui fragilisent les zones humides.

À l’échelle mondiale, 87 % des zones humides ont disparu au cours des 300 dernières années. Et selon le GIEC, les zones humides figurent parmi les écosystèmes les plus vulnérables au changement climatique. Autrement dit, préserver les zones humides permet d’atténuer les effets du changement climatique. Mais ne rien faire… revient à les aggraver.

Fin de notre voyage entre mer et terre. Nous espérons que le concept de zone humide est plus clair pour vous et que cet article vous aura donné envie de les protéger. Si c’est le cas, nous vous invitons à découvrir nos campagnes de crowdfunding !


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Photo principale Envato

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