Les zones humides regroupent tous les milieux de transition entre la terre ferme et l’eau : marais, tourbières, estuaires, deltas, lagunes, mangroves… Aussi connus sous le nom de « terres d’eau » (ou wetlands pour les anglophones), ces écosystèmes abritent une biodiversité exceptionnelle et jouent un rôle clé dans la régulation du climat et du cycle de l’eau. Alors, qu’est-ce qu’une zone humide exactement, et quels sont les enjeux environnementaux qui y sont liés ? Voyons cela de plus près.
3 approches pour définir les zones humides
Le B.A-BA : des milieux mi-terrestres, mi-aquatiques
Les zones humides sont des milieux de transition entre la terre et l’eau. Elles peuvent se situer :
- sur la terre ferme : marécages, prairies humides, tourbières…
- dans l’eau : mangroves, herbiers marins, lagunes…
- à l’interface des deux, sur le littoral : deltas, estuaires, marais salants…
Certaines zones humides peuvent aussi être artificielles, comme les bassins de pisciculture ou les rizières.






Comme vous le voyez, les zones humides ne se limitent pas à quelques mares au fin fond de nos campagnes. 29,5 % du territoire hexagonal est propice à la présence de zones humides d’après l’Office Français de la Biodiversité1. A titre de comparaison, les forêts couvrent 31% de notre territoire2. Et au niveau mondial, les zones humides sont omniprésentes, de la toundra aux régions tropicales. De quoi mériter qu’on s’y intéresse d’un peu plus près, non ?
La définition française, inscrite dans le Code de l’environnement
Le Code de l’environnement français définit les zones humides comme des « terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire, ou dont la végétation, quand elle existe, est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ».
Pour identifier officiellement un milieu comme zone humide en France, l’un des deux critères suivants doit être rempli :
- La présence de plantes hygrophiles3 (qui aiment énormément l’eau, sans demi-mesure) ou mésophygrophiles (qui apprécient l’eau… disons un week-end sur deux !).
- La composition du sol : lorsqu’il est saturé en eau, il empêche l’air de circuler, ce qui modifie la décomposition des matières organiques et la présence de certains minéraux.

Autrement dit, certains milieux peuvent ne pas sembler humides en surface, tout en faisant partie des zones humides. C’est notamment le cas de certaines tourbières ou prairies humides.
En revanche, cette définition française exclut les plans d’eau, les lacs et les rivières, ce qui n’est pas le cas de la définition internationale.
La définition internationale, posée par la Convention de Ramsar
Un traité international dédié à la conservation et à l’utilisation rationnelle des zones humides, appelé Convention de Ramsar, a été adopté en 1971 et ratifié par la France en 1986. Son objectif : identifier des zones humides d’importance internationale et veiller à leur protection.
La convention de Ramsar définit les zones humides comme « des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d’eau marine dont la profondeur à marée basse n’excède pas six mètres ».
Une définition volontairement large, car la convention s’est donné pour mission de protéger ces écosystèmes essentiels.
Le saviez vous ? Les zones humides sont les premiers milieux naturels à avoir fait l’objet d’une convention internationale. Si vous voulez en savoir plus sur cette convention, c’est par ici.
Qu’en pense Flamingo ? Chez Flamingo, nous souhaitons préserver le plus largement nos écosystèmes. C’est pourquoi nous nous basons sur la définition internationale des zones humides pour sélectionner les projets de préservation à financer.
Les terres d’eau nous rendent de multiples services écosystémiques
Vous l’aurez compris : les zones humides sont des milieux de transition. Et c’est précisément cette position entre terre et eau qui les rend particulièrement riches en nutriments.
Résultat : elles constituent des habitats de reproduction essentiels et abritent près de 40 % des espèces animales et végétales de la planète4. On pourrait presque dire que ce sont… le love hotel de la nature.

Notre petite plante humide préférée ? La salicorne ! Aussi appelée “Haricot de mer” ou “Asperge de mer”. Pour la petite anecdote : les enfants camarguais en raffolent et les mangent en guise de goûter !
Mais leurs bienfaits ne s’arrêtent pas à la biodiversité. Les zones humides nous rendent aussi de précieux services écosystémiques, parmi lesquels :
- le captage du CO₂ et la lutte contre le réchauffement climatique
- la création d’îlots de fraîcheur en ville
- la protection contre les tempêtes
- la régulation du cycle de l’eau et la prévention des crues
- l’épuration naturelle de l’eau, qui réduit le coût de potabilisation
- la fourniture de ressources en eau et en nourriture.
Restaurer et protéger les milieux humides : un défi collectif
Agriculture, urbanisation, aménagement des cours d’eau, production forestière, introduction d’espèces exotiques envahissantes… Autant d’activités humaines qui fragilisent les zones humides.
À l’échelle mondiale, 87 % des zones humides ont disparu au cours des 300 dernières années. Et selon le GIEC, les zones humides figurent parmi les écosystèmes les plus vulnérables au changement climatique. Autrement dit, préserver les zones humides permet d’atténuer les effets du changement climatique. Mais ne rien faire… revient à les aggraver.
La France s’est engagée à restaurer 50 000 ha de zones humides d’ici 2026, à en acquérir 8 500 ha et à créer de nouvelles aires protégées, dont un douzième parc national dédié aux zones humides5. Cependant, les financements restent souvent insuffisants au regard des objectifs nécessaires pour réussir notre transition écologique. C’est pourquoi nous avons lancé une plateforme de crowdfunding dédiée aux projets de préservation des zones humides. Le financement participatif permet de soutenir des initiatives qui n’auraient jamais vu le jour autrement !
En conclusion sur les zones humides
Fin de notre voyage entre mer et terre. Nous espérons que le concept de zone humide est plus clair pour vous et que cet article vous aura donné envie de les protéger. Si c’est le cas, nous vous invitons à découvrir nos campagnes de crowdfunding !
Sources
- 1 : OFB Zones humides https://www.ofb.gouv.fr/les-zones-humides
- 2 : IGN Résultats 2022 de l’Inventaire forestier national : une forêt française confrontée aux dérèglements climatiques https://www.ign.fr/espace-presse/resultats-2022-de-linventaire-forestier-national-une-foret-francaise-confrontee-aux-dereglements#:~:text=La%20surface%20de%20la%20for%C3%AAt,de%2031%20%25%20aujourd%27hui.
- 3 : Zones-humides.org Les critères des plantes hygrophiles https://www.zones-humides.org/connaitre/delimiter-pour-la-reglementation/critere-relatif-aux-plantes-hygrophiles
- 4 : Source Ramsar : https://www.ramsar.org/fr/news/les-zones-humides-lecosysteme-le-plus-precieux-du-monde-disparaissent-trois-fois-plus-vite-que
- 5 : Plan national Milieux humides 2022 – 2026 https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/DP_ZonesHumides.pdf
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